Au sommaire
Douleurs aux seins à l'effort
Dans une enquête auprès de 540 sportives australiennes de niveau national ou international, dans 49 sports, 44 % déclaraient des douleurs aux seins pendant l'entraînement ou la compétition, et 63 % des douleurs liées au cycle menstruel (Brisbine 2020). Chez 1 285 coureuses du marathon de Londres, 32 % avaient des douleurs aux seins (Brown 2014).
Le sein ne contient pas de muscle : il bouge avec le corps (World Rugby 2025). Dans une étude en laboratoire, chez 21 femmes de bonnet D courant sans soutien, le sein se déplaçait en moyenne de 15,2 cm en trois dimensions à chaque foulée (Scurr 2011). Chez 20 coureuses, une brassière de sport réduisait le déplacement vertical de 56 % par rapport à l'absence de soutien, et de 43 % par rapport à un soutien-gorge de tous les jours (Leme 2020). Le saut fait bouger le sein surtout de haut en bas, les changements de direction le font bouger le plus vite (Risius 2015).
Choisir et ajuster une brassière
Dans une étude australienne, 85 % de 104 femmes portaient un soutien-gorge mal ajusté selon les critères des professionnels (McGhee et Steele 2010). Chez des joueuses de football australien et de rugby, 52 % des 112 brassières vérifiées étaient mal ajustées (Brisbine 2020). La vérification se fait en quatre points :
- La bande : elle sert d'appui. Elle est assez ferme pour que seuls deux doigts passent dessous, et reste horizontale tout autour du corps, même en mouvement.
- Les bretelles : deux doigts passent dessous. Elles tiennent sans cisailler les épaules. L'une peut être plus courte que l'autre : les deux seins ont souvent une taille différente.
- Les bonnets : ils contiennent toute la poitrine. Si elle déborde, ils sont trop petits ; s'ils plissent ou bâillent, ils sont trop grands.
- Le milieu : il repose à plat sur le sternum. S'il se décolle, les bonnets sont trop petits.
Puis sauter sur place devant un miroir. Une brassière dont l'élastique est détendu par l'usure ne soutient plus : elle se remplace, comme des chaussures usées. Le rembourrage sert à la discrétion, il ne protège pas des chocs (guide England Rugby 2023, d'après les travaux de l'université de Portsmouth ; Sports Medicine Australia). Pour les poitrines fortes, une brassière qui soulève et comprime a réduit l'inconfort plus qu'une brassière classique (McGhee et Steele 2010), et des bretelles larges et verticales sont préférables (Coltman 2015).
Chez 115 jeunes sportives australiennes de 16 ans environ, une brochure expliquée par un kinésithérapeute a fait passer 39 % de plus d'entre elles le test d'ajustement, quatre mois plus tard (McGhee 2010). Expliquer suffit souvent.
À l'adolescence
Sur 2 089 collégiennes et lycéennes britanniques de 11 à 18 ans, 46 % disaient que leurs seins avaient un effet sur leur pratique du sport à l'école, 51 % à 13 et 14 ans. Plus de la moitié ne portaient jamais de brassière de sport pour faire du sport, et 87 % voulaient en savoir plus (Scurr 2016). Un club peut l'ajouter à la liste de matériel, en parler simplement en début de saison, et laisser chaque joueuse s'équiper sans avoir à se justifier. La page Filles et femmes donne d'autres repères pour garder les adolescentes dans le sport.
Chocs et protections
Sur 297 joueuses australiennes de football australien et de rugby, 58 % avaient déjà eu un choc aux seins, et 48 % estimaient qu'il avait gêné leur jeu ; la moitié des entraîneurs et des soignants interrogés ignoraient que c'était un problème (Brisbine 2020). Dans 46 sports de haut niveau, moins de 10 % des sportives touchées l'avaient signalé à un entraîneur ou à un soignant (Brisbine 2019). Un choc aux seins se note donc comme toute autre blessure.
Un ancien choc peut laisser des traces (hématome, kyste, nécrose graisseuse qui se calcifie) difficiles à distinguer d'un cancer à l'imagerie (Wakefield-Scurr 2024). World Rugby conseille de le signaler lors d'un examen des seins ou d'une mammographie.
| Sport | Ce que dit le règlement | Source |
|---|---|---|
| Escrime | Un protège-poitrine en métal ou en matière rigide est obligatoire pour les femmes à toutes les armes, facultatif pour les hommes. Au fleuret, il se porte sous la sous-cuirasse. | Règlement du matériel FIE, août 2026, m.25.4.c |
| Boxe | Un protège-poitrine est autorisé pour les femmes, sans être obligatoire. Il suit la forme des seins, ne couvre pas le sternum et n'a pas de pièce métallique sauf l'attache dans le dos. | Règles de compétition World Boxing, novembre 2024, 13.8.3 |
| Rugby | Les protections couvrant la poitrine sont autorisées si elles sont homologuées par World Rugby, à porter sur une brassière de sport. Pas d'armatures dans une brassière de rugby. | World Rugby, santé du sein, 2025 ; guide England Rugby 2023 |
| Taekwondo | Aucune règle propre aux seins : tout le monde porte le plastron électronique. | Règles de compétition World Taekwondo, juin 2026 |
Les règles nationales (fédérations françaises, suisses, allemandes) n'ont pas été vérifiées ici : en compétition, c'est le règlement de votre fédération qui s'applique.
Douleur ou signe à faire vérifier ?
Une douleur aux seins seule n'est en général pas un signe de cancer (NHS), et la boule d'un cancer est le plus souvent indolore (INCa). Une douleur qui suit les règles touche souvent les deux seins et disparaît à la fin des règles (NHS). En revanche, ces signes doivent faire consulter un médecin rapidement (NHS, INCa) :
- une boule ou un gonflement dans le sein, la poitrine ou sous le bras ;
- une peau qui se creuse, prend un aspect de peau d'orange, rougit ou change de couleur ;
- un changement de taille ou de forme d'un sein ;
- un mamelon qui se rétracte, une rougeur ou un écoulement du mamelon, surtout s'il contient du sang ;
- un sein rouge, chaud ou gonflé.
La plupart des boules ne sont pas un cancer, mais toutes doivent être vérifiées (NHS). L'autopalpation mensuelle comme méthode de dépistage n'a pas fait baisser la mortalité dans les essais (Cochrane, Kösters et Gøtzsche 2003) : le bon réflexe est de connaître ce qui est normal pour soi et de consulter si quelque chose change. Les hommes aussi peuvent avoir un cancer du sein, moins de 1 % des cas (INCa). Le rôle du club est d'en parler et d'orienter, jamais de poser un diagnostic.
Activité physique et cancer du sein
Le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) juge que l'activité physique « protège probablement » contre le cancer du sein après la ménopause, et l'activité intense avant la ménopause (WCRF/AICR 2018). Dans 12 cohortes réunissant 1,44 million d'adultes, le risque de cancer du sein était 10 % plus faible chez les plus actifs que chez les moins actifs (Moore 2016). Une étude génétique va dans le même sens (Dixon-Suen 2022).
- Ce sont des associations, mesurées dans des études d'observation : le sport ne « prévient » pas le cancer du sein.
- Aucun sport ne protège plus qu'un autre : les données ne permettent pas de le dire (OMS 2020). Ce qui compte, c'est la régularité et l'intensité.
- Le repère de l'OMS pour les adultes : 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d'activité soutenue, et du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine ; et moins de temps assis (OMS 2020).
- D'autres facteurs comptent : l'alcool, sans seuil sans risque, et la prise de poids à l'âge adulte (WCRF/AICR 2018).
- Ne jamais culpabiliser : en France, 38,0 % des cancers du sein de 2015 étaient attribuables aux facteurs modifiables étudiés (Marant-Micallef 2018). La majorité ne l'est pas. Une femme malade n'a pas « manqué de sport ».
Le dépistage, pays par pays
Chaque pays organise son propre programme. Voici ce que publient les programmes officiels, lus le 2 octobre 2026.
| Pays | Qui est invitée | Tous les | Source |
|---|---|---|---|
| France | De 50 à 74 ans : mammographie et examen clinique des seins, sur invitation, pris en charge à 100 % | 2 ans | INCa, ameli |
| Suisse | Programmes cantonaux, dès 50 ans ; l'âge limite varie selon le canton. Sans franchise | 2 ans | Ligue suisse contre le cancer |
| Allemagne | De 50 à 75 ans, gratuit pour les assurées du régime légal | 2 ans | G-BA, KBV |
| Belgique | De 50 à 69 ans, gratuit (Mammotest en Wallonie et à Bruxelles, Bevolkingsonderzoek en Flandre) | 2 ans | CCR, BruPrev, Centrum voor Kankeropsporing |
| Autriche | De 45 à 74 ans avec la e-card ; dès 40 ans et après 74 ans sur inscription | 2 ans | früh erkennen |
| Luxembourg | De 45 à 74 ans, gratuit pour les affiliées à la CNS | 2 ans | Ministère de la Santé |
| Angleterre | Première invitation entre 50 et 53 ans, puis jusqu'à 71 ans | 3 ans | NHS Breast Screening Programme |
En France, la Haute Autorité de santé étudie depuis mars 2026 l'âge d'entrée dans le programme ; aucune recommandation n'est publiée à ce jour. Sur 2023-2024, 46,3 % des femmes concernées ont participé (INCa). Le dépistage a des bénéfices et des limites, que l'INCa explique sur son site. Une femme dont des proches ont eu un cancer du sein ou de l'ovaire en parle à son médecin : un suivi adapté peut lui être proposé (INCa, ameli).
Pendant et après un cancer
Un consensus international de 2019 recommande aux personnes touchées par un cancer d'« éviter l'inactivité » et conclut qu'une activité régulière, bien dosée, réduit la fatigue, l'anxiété et les symptômes dépressifs, et améliore la qualité de vie et la condition physique. La dose la plus étudiée : une activité d'endurance modérée trois fois par semaine, 30 minutes ou plus, pendant 8 à 12 semaines, souvent avec du renforcement musculaire deux fois par semaine (Campbell 2019).
Le renforcement des bras ne doit pas faire peur. Dans deux essais, un renforcement musculaire progressif et encadré n'a pas aggravé le lymphœdème du bras chez les femmes qui en avaient un, et moins de poussées sont survenues (14 % contre 29 %) ; chez les femmes à risque, il n'en a pas fait apparaître davantage (Schmitz 2009 et 2010). Le consensus précise : sûr s'il est encadré par un professionnel, en commençant bas et en progressant lentement ; démarrer seul n'a pas été évalué (Campbell 2019).
Des études qui suivent des femmes dans le temps associent l'activité après un cancer du sein à une survie plus longue. Ce sont des études d'observation, qui ne prouvent pas la cause (Holmes 2005 ; Spei 2019). Un club ne promet donc jamais d'effet sur la récidive.
Une séance de club reste du sport, pas un traitement. En France, l'activité physique adaptée est prescrite par un médecin et dispensée par des personnes qualifiées (Code de la santé publique, L1172-1 et D1172-2). Jusqu'à 12 mois après la fin du traitement, le médecin peut prescrire un bilan d'activité physique dans le parcours de soins global après un cancer (décret 2020-1665). Des programmes fédéraux accueillent ces publics avec un encadrement formé :
- Escrime : les salles d'armes signataires de la charte Solution R.I.P.O.S.T.E., avec un maître d'armes formé, pour les femmes opérées d'un cancer du sein, après accord du médecin.
- Canoë-kayak : près de 50 équipages de bateau-dragon « Dragon Ladies », et le label Club Pagaie Santé de la fédération.
- Aviron : le label Aviron Santé (Coach Aviron Santé) et le Challenge Avirose, un relais d'aviron indoor.
- Gymnastique volontaire : le programme Gym'Après Cancer, sur certificat de l'oncologue ou du médecin traitant.
- Suisse : les groupes de sport soutenus par la Ligue contre le cancer, encadrés par des professionnels diplômés.
- Allemagne : le sport de réadaptation en groupe reconnu (Sport in der Krebsnachsorge), avec une licence d'animateur B.
Le bateau-dragon pour les femmes après un cancer du sein est né à Vancouver en 1996, avec l'équipe Abreast In A Boat du Dr Don McKenzie ; la commission internationale des pagayeuses compte plus de 400 équipes dans 41 pays (IBCPC).
Ce qu'un club peut faire pour Octobre Rose
En France, la campagne Octobre Rose est coordonnée par l'association Ruban Rose (Octobre Rose et Ruban Rose sont des marques de l'association). En Suisse, la Ligue contre le cancer mène le mois du cancer du sein. Un club peut y prendre part sans tomber dans le « pinkwashing » que dénoncent des associations de patientes :
- Informer : envoyer aux adhérents les repères de cette page et le programme de dépistage de leur pays, avec des sources officielles.
- Ouvrir une séance aux proches et aux personnes qui reprennent le sport.
- Collecter honnêtement : si le club récolte de l'argent, il annonce le montant, l'association qui le reçoit et ce qu'elle en fera. « Une partie des bénéfices » ne suffit pas.
- Ne rien vendre au nom du mois : pas de réduction d'adhésion « en rose » sans don annoncé.
- Penser à celles qui sont malades : proposer à une adhérente en traitement de suspendre ou reporter ses séances, et l'accueillir quand elle revient.
- Durer : un encadrant formé, un créneau adapté, une brassière dans la liste de matériel valent plus qu'une action d'un mois.
Dans Paak
Sur toutes les offres, y compris l'offre gratuite. Pour une équipe déclarée « Féminine » ou « Mixte » par le club, la fiche de l'équipe montre une carte Santé du sein : la brassière et son ajustement, les chocs à noter, les signes à faire vérifier, la règle de protection de l'escrime, de la boxe ou du rugby quand elle existe, et, pour une équipe adulte, le programme de dépistage du pays du club. C'est le type d'équipe choisi par le club qui compte, jamais une donnée sur une joueuse.
En octobre, la page Entraînement propose une carte avec ce que le club peut faire. Les responsables du club y trouvent un message prêt à envoyer aux adhérents, en français, en anglais ou en allemand selon la langue choisie dans Paak, avec le dépistage du pays du club et des sources officielles, sans lien vers Paak : ils le relisent, l'adaptent et l'envoient depuis les newsletters. L'action peut être notée dans Partenaires, onglet Actions territoriales, type Sport-santé. Voir comment ça marche dans Paak, ou découvrir Paak pour un club d'escrime, un club de rugby ou un club de handball.
Sources
- Brisbine B. et al. 2020, Journal of Sports Sciences, doi 10.1080/02640414.2020.1712016 (douleurs, 540 sportives).
- Brown N. et al. 2014, British Journal of Sports Medicine, PMID 23603819 (marathon de Londres).
- Scurr J. et al. 2011, Journal of Sports Sciences, doi 10.1080/02640414.2010.521944.
- Leme J. et al. 2020, Journal of Biomechanics, doi 10.1016/j.jbiomech.2020.110014.
- Risius D. et al. 2015, European Journal of Sport Science, PMID 24942053.
- McGhee D. et Steele J. 2010, Journal of Science and Medicine in Sport, doi 10.1016/j.jsams.2010.03.003 (ajustement) ; Medicine & Science in Sports & Exercise, PMID 20019639 (poitrines fortes).
- McGhee D. et al. 2010, Journal of Physiotherapy, PMID 20500133.
- Coltman C. et al. 2015, Sports Medicine Open, PMID 26284162.
- England Rugby, Sports Bra Fitting Guide 2.0, juillet 2023 ; Sports Medicine Australia, « Exercise and breast support ».
- Scurr J. et al. 2016, Journal of Adolescent Health, doi 10.1016/j.jadohealth.2015.10.005.
- Brisbine B. et al. 2020, Science and Medicine in Football, doi 10.1080/24733938.2019.1682184 (chocs) ; Journal of Science and Medicine in Sport, PMID 32522401 (brassières et protections).
- Brisbine B. et al. 2019, Journal of Sports Science and Medicine, PMID 31427880.
- Wakefield-Scurr J. et al. 2024, European Journal of Sport Science, doi 10.1002/ejsc.12128 ; World Rugby, Women's Health: Breast Health, 2025.
- FIE, règlement du matériel, août 2026, m.25.4.c ; World Boxing, règles de compétition, novembre 2024, 13.8 ; World Taekwondo, règles de compétition, juin 2026.
- NHS, Breast pain (2023) et Symptoms of breast cancer in women (2024) ; INCa, Cancers du sein : symptômes ; Cancer du sein chez l'homme.
- Kösters J. et Gøtzsche P. 2003, Cochrane Database of Systematic Reviews, CD003373.
- WCRF/AICR 2018, Diet, nutrition, physical activity and breast cancer.
- Moore S. et al. 2016, JAMA Internal Medicine, doi 10.1001/jamainternmed.2016.1548.
- Dixon-Suen S. et al. 2022, British Journal of Sports Medicine, doi 10.1136/bjsports-2021-105132.
- Bull F. et al. 2020, British Journal of Sports Medicine (lignes directrices de l'OMS), doi 10.1136/bjsports-2020-102955.
- Marant-Micallef C. et al. 2018, Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 21.
- Programmes de dépistage : INCa et ameli (France) ; Ligue suisse contre le cancer ; G-BA et KBV (Allemagne) ; CCR, BruPrev, Centrum voor Kankeropsporing (Belgique) ; früh erkennen (Autriche) ; Ministère de la Santé (Luxembourg) ; NHS (Angleterre) ; HAS, note de cadrage, mars 2026 ; INCa, communiqué du 29 septembre 2026.
- Campbell K. et al. 2019, Medicine & Science in Sports & Exercise, PMID 31626055.
- Schmitz K. et al. 2009, New England Journal of Medicine, PMID 19675330 ; 2010, JAMA, PMID 21148134.
- Holmes M. et al. 2005, JAMA, PMID 15914748 ; Spei M. et al. 2019, The Breast, PMID 30780085.
- Code de la santé publique, articles L1172-1 et D1172-2 ; décret n° 2020-1665 du 22 décembre 2020.
- Fédération française d'escrime (Solution R.I.P.O.S.T.E.) ; FFCK (Dragon Ladies, Pagaie Santé) ; FFA (Aviron Santé) ; FFEPGV (Gym'Après Cancer) ; Ligue suisse contre le cancer ; Landessportbund Württemberg (Sport in der Krebsnachsorge) ; IBCPC.
- Ruban Rose (campagne 2026) ; INPI, marques 4633382 et 4633387 ; RoseUp Association ; Cancer Rose.