Le 11+, tracé honnêtement
Un forest plot, pas trois coches vertes. Deux intervalles franchissent 1,0 — dont celui du programme qui a précédé le 11+.
Carré plein : l'intervalle reste entièrement sous 1,0. Carré évidé et mention écrite : l'intervalle franchit 1,0 — deux porteurs d'information au-delà de la couleur. Axe logarithmique de 0,1 à 1,5.
Le 11+ : ce qui marche, ce qui ne marche pas
Le FIFA 11+ est l'échauffement le mieux documenté de tous les sports collectifs. Son effet groupé est pourtant plus petit — et plus fragile — que ce que les clubs en retiennent. La méta-analyse de Thorborg (BJSM 2017;51:562-571) a fait la seule chose qui compte : séparer le 11+ de son prédécesseur, « le 11 ».
| Programme | Public | Structure | Meilleure preuve publiée |
|---|---|---|---|
| « Le 11 » prédécesseur | adultes et jeunes | 10 exercices (gainage, travail excentrique de la cuisse, proprioception, stabilisation dynamique, pliométrie avec alignement jambe tendue) · environ 15 min · à chaque séance | Aucun effet. IRR groupé 0,99 (0,80-1,23), p=0,940. Chez les jeunes filles : RR 1,0 (0,8-1,2), p=0,94, 113 équipes / 2 092 joueuses. Chez l'adulte amateur masculin : 9,6 contre 9,7 blessures pour 1 000 h |
| FIFA 11+ | 14 ans et plus — énoncé par la FIFA elle-même (voir l'alerte ci-dessous) | 3 parties, 15 exercices au total ; partie 2 à 3 niveaux progressifs · environ 20 min · « au début de chaque séance d'entraînement, au moins deux fois par semaine » · avant match : parties 1 et 3 seulement | IRR groupé 0,61 (0,48-0,77), p<0,001 sur 4 essais randomisés en grappes (Thorborg, BJSM 2017) ; RR 0,70 (0,52-0,93), p=0,01 sur 6 ECR, n=6 344 (Sadigursky, BMC Sports Sci Med Rehabil 2017), avec la mention explicite que les études ne sont pas homogènes |
| FIFA 11+ Kids | 7 à 13 ans | 7 exercices, 5 niveaux de difficulté chacun · 15-20 min une fois le programme connu · au moins 1×/semaine, 2×/semaine recommandé | HR 0,52 (0,32-0,86) toutes blessures ; 0,26 (0,10-0,64) blessures sévères ; 0,45 (0,24-0,84) membre inférieur. n=3 895, 4 pays, 292 749 heures d'exposition (Rössler, Sports Medicine 2018) |
| FIFA 11+ Shoulder | gardiens de but | 3 parties : échauffement général ; force et équilibre épaule/coude/poignet/doigts ; gainage avancé et contrôle musculaire · avant chaque séance | ECR, 726 gardiens (360/366), une saison : 50 blessures (0,62/1 000 h) contre 122 (1,94/1 000 h). ⚠️ Ne citez aucun intervalle de confiance de cet essai — les huit publiés sont arithmétiquement impossibles, et le résumé annonce 68 % dans les résultats et 50 % dans la conclusion |
| FIFA 11+ Referee | arbitres | le manuel annonce 3 parties / 18 exercices puis en liste 8 + 8 + 4 = 20 | Décomptes incohérents : ne citez aucun nombre. Le manuel évoque une baisse des blessures de match sans contact chez les arbitres FIFA aux Coupes du monde 2010 et 2011 — sans effectif, sans taille d'effet, sans intervalle |
L'essai fondateur, et le détail que les résumés fédéraux omettent
Soligard et al., BMJ 2008;337:a2469. Essai randomisé en grappes, 1 892 joueuses de 13 à 17 ans, 125 clubs norvégiens (65 en intervention, 60 en contrôle), une saison de championnat. 264 joueuses blessées, 121 en intervention contre 143 en contrôle.
| Critère | Rapport de taux (IC 95 %) | Significatif ? |
|---|---|---|
| Toutes blessures | 0,68 (0,48-0,98) | oui |
| Blessures sévères | 0,55 (0,36-0,83) | oui |
| Blessures de surcharge | 0,47 (0,26-0,85) | oui |
| Membre inférieur — le critère de jugement principal | 0,71 (0,49-1,03) | non |
Les trois résultats nuls, qui existent et qu'il faut connaître
- Steffen 2008 (Scand J Med Sci Sports) — « le 11 » dans 113 équipes féminines norvégiennes de jeunes, 2 092 joueuses : RR 1,0 (0,8-1,2), p=0,94. Seules 14 des 58 équipes en intervention ont dépassé 20 séances de prévention.
- van Beijsterveldt 2012 (BJSM) — « The11 » chez des amateurs adultes néerlandais, 23 équipes, 456 joueurs : 9,6 contre 9,7 blessures pour 1 000 h, aucune différence, malgré une observance de 73 % (équipe) et 71 % (joueur). Le seul signal : significativement moins de blessures du genou. L'analyse économique jumelle (Krist, J Physiother 2013) trouve un coût de 161 € contre 361 € par athlète, différence moyenne 201 € (IC 95 % 15-426) en faveur de l'intervention.
- Hammes 2015 (J Sports Sci) — FIFA 11+ chez des vétérans (43-45 ans de moyenne), 20 équipes, n=265 : IRR global 0,91 (0,64-1,48), p=0,89. Seules les blessures sévères atteignent la significativité, IRR 0,46 (0,21-0,97), p=0,04. Les auteurs attribuent le résultat nul à la faible fréquence d'entraînement.
L'observance pèse plus que le programme
C'est le résultat que les entraîneurs ont réellement besoin de connaître : l'écart entre bien faire et faire à moitié est plus grand que l'écart entre faire et ne pas faire.
- Dans la cohorte norvégienne fondatrice (Soligard, BJSM 2010) : les équipes ont réalisé le programme dans 77 % des séances (1,3 par semaine en moyenne), les joueuses dans 79 % des séances auxquelles elles ont assisté (0,8 par semaine). Observance haute contre intermédiaire : RR 0,65 (0,46-0,91), p=0,011. Les entraîneurs ayant déjà pratiqué un travail préventif avaient des équipes à OR 0,54 (0,33-0,87).
- Au Canada (Steffen, BJSM 2013), chez des jeunes joueuses : les fortes adhérentes affichent IRR 0,28 (0,10-0,79).
- Sur le LCA spécifiquement (Sugimoto, J Athl Train 2012, 6 études) : forte contre faible observance IRR 0,27 (0,07-0,80) ; analyse par tertiles IRR 0,18 (0,02-0,77). Les auteurs parlent d'une « relation dose-réponse inverse potentielle ».
- Et sur la durée : Magoshi 2026 (essai contrôlé non randomisé, 763 joueuses universitaires japonaises, 7 équipes) — une saison de 11+ ne produit aucune différence ; trois saisons consécutives donnent un LCA sans contact à HR 0,192 (0,041-0,896), p=0,036 chez les 128 joueuses suivies de bout en bout. Le 11+ ressemble à une dose pluriannuelle, pas à un correctif d'une saison.
11+ Kids : 7 à 13 ans
C'est le résultat pédiatrique le plus solide de tout le football. Rössler et al., Sports Medicine 2018;48:1493-1504 : essai randomisé en grappes, n=3 895 enfants de 7 à 13 ans (10,8 ± 1,4 ans en moyenne), en Suisse, Allemagne, République tchèque et Pays-Bas, 292 749 heures d'exposition, sur une saison.
- Toutes blessures : HR 0,52 (0,32-0,86)
- Blessures sévères : HR 0,26 (0,10-0,64)
- Membre inférieur : HR 0,45 (0,24-0,84)
Le contenu, tel que le manuel FIFA le publie : 7 exercices, 5 niveaux de difficulté chacun — un jeu de course « Alertness » ; sauts de patineur ; appui unipodal ; pompes ; sauts sur une jambe ; Spiderman ; roulade latérale (le programme comporte donc un exercice de technique de chute). Durée 15 à 20 minutes une fois le programme familier ; au moins une fois par semaine, deux fois recommandé pour un bénéfice protecteur supérieur.
Ischio-jambiers et adducteurs
Nordic hamstring : prouvé, et massivement non appliqué
- L'effet : van Dyk, BJSM 2019, méta-analyse de 15 études et 8 459 athlètes — RR 0,49 (0,32-0,74), p=0,0008 ; 0,52 (0,32-0,85) en ne gardant que les ECR ; 0,55 (0,34-0,89), p=0,006 après retrait des 8 études à risque de biais élevé. Autrement dit : les programmes incluant le Nordic hamstring réduisent les blessures ischio-jambières de moitié.
- Chez le professionnel : Petersen, AJSM 2011 — 50 équipes masculines danoises, 942 joueurs, 10 semaines de travail excentrique progressif puis entretien hebdomadaire : 3,8 contre 13,1 blessures pour 100 joueurs-saisons, RR ajusté 0,293 (0,150-0,572), p<0,001 ; NNT 13 (9-23) toutes blessures, 3 (2-6) pour les récidives.
- Chez l'amateur : van der Horst, AJSM 2015 — 40 équipes amateurs néerlandaises, 579 joueurs, 25 séances sur 13 semaines : OR 0,282 (0,110-0,721), p=0,005, observance 91 %. Attention : aucune réduction de la gravité des blessures survenues.
- L'application : Bahr, BJSM 2015 — enquête sur 150 saisons-club (32 équipes de Ligue des champions, 18 de première division norvégienne, 100 % de réponses) : programme réalisé intégralement dans 16 saisons-club (10,7 %), partiellement dans 9 (6 %), et 125 (83,3 %) non conformes. Conclusion des auteurs : l'adoption est « trop faible pour espérer un effet global sur les taux de blessures ischio-jambières aiguës ».
- Ce n'est pas un test de dépistage. Opar, Sports Medicine 2021, méta-analyse de 6 cohortes prospectives, 1 100 participants (156 blessés / 944 indemnes) : la force excentrique des fléchisseurs du genou mesurée en présaison pendant le Nordic ne distingue pas les futurs blessés des autres — ni en valeur absolue, ni rapportée au poids, ni en asymétrie entre jambes. Faire l'exercice est l'intervention ; mesurer l'exercice n'en est pas une.
Adducteurs : l'exercice de Copenhague, et un trou dans le 11+
- Le protocole : Adductor Strengthening Programme — un seul exercice, trois niveaux de progression, 3×/semaine pendant une présaison de 6 à 8 semaines, puis 1×/semaine sur les 28 semaines de compétition.
- L'effet : Harøy, BJSM 2019 — 35 équipes semi-professionnelles norvégiennes, 652 joueurs. Prévalence moyenne des problèmes de pubalgie sur la saison : 13,5 % (12,3-14,7) contre 21,3 % (20,0-22,6), OR 0,59 (0,40-0,86), p=0,008. La mesure est une prévalence de problème relevée chaque semaine par questionnaire OSTRC — elle n'est pas comparable aux taux d'incidence cités ailleurs sur cette page.
- Le trou dans le 11+ : Harøy, AJSM 2017 — le FIFA 11+ standard ne fait pas progresser la force excentrique des adducteurs de hanche (−0,02 N·m/kg, soit −0,7 %, p=0,69) ; y substituer l'exercice de Copenhague donne +0,29 N·m/kg (+8,9 %), p=0,01. C'est une lacune concrète et citable du 11+ tel qu'il est publié.
- Ce qui se passe vraiment sur le terrain : sur 501 joueurs interrogés, 91 % pensaient qu'un tel programme réduisait le risque et 73 % le bouclaient en moins de 5 minutes — mais 46 % seulement l'exécutaient comme prescrit et 31 % comptaient continuer la saison suivante. Chez 29 encadrants de clubs professionnels norvégiens, 100 % avaient adopté le programme, 10 % utilisaient le protocole d'origine.
Jeu de tête : cinq fédérations, quatre unités
Quatre fédérations, quatre unités
Une seule case remplie par ligne, jamais dans la même colonne : les règles ne sont pas comparables.
La case suisse est un tiret explicite, pas une case vide : « aucune restriction trouvée » est un résultat, pas une absence de recherche.
C'est la section dont les entraîneurs ont le plus besoin, et c'est celle où il est le plus tentant de trancher. Ne tranchez pas. Cinq organismes publient une position, ils régulent quatre grandeurs différentes, et deux seulement en ont fait une règle de jeu sifflable.
| Organisme | En match | À l'entraînement | Unité de la limite |
|---|---|---|---|
| FFF (France) | « suppression du jeu de tête pour les catégories U6 à U9, filles et garçons, à l'entraînement et pendant les rencontres ». Mécanisme de reprise de jeu non précisé dans les sources retrouvées | « Aucun temps d'entraînement sur le jeu de tête des U6 aux U9 inclus » · « Aucune séance dédiée uniquement au jeu de tête des U10 aux U17 inclus » · « 15 minutes maximum consacrés au jeu de tête dans une séance, des U10 aux U17 inclus » | Minutes par séance |
| ASF / SFV (Suisse) | Aucune règle. Les Ausführungsbestimmungen Kinder- und Jugendfussball 2026/27 ne mentionnent le Kopfball nulle part | Aucune limite publiée, et c'est délibéré. Le module Kopfball du Manual Fussball J+S/OFSPO donne technique, exercices et dimensions mais ni âge, ni nombre de têtes, ni durée ; la seule ligne touchant à l'âge est un conseil : « Passe das Kopfballtraining dem Niveau und dem Alter der Spielerinnen und Spieler an. Du kannst zum Einstieg besonders leichte oder weich gepumpte Bälle verwenden und den Kopfball mit zugeworfenen Bällen üben. » — adapte l'entraînement du jeu de tête au niveau et à l'âge des joueuses et des joueurs ; pour débuter, tu peux utiliser des ballons particulièrement légers ou peu gonflés et travailler la tête sur ballons lancés à la main. — soit : adaptez l'entraînement du jeu de tête au niveau et à l'âge des joueuses et des joueurs ; vous pouvez commencer avec des ballons particulièrement légers ou peu gonflés et travailler la tête sur ballons lancés à la main | Aucune — position assumée |
| The FA (Angleterre) | Jeu de tête volontaire retiré des matches U7-U9 dès 2024-25, U10 en 2025-26, U11 en 2026-27. Reprise = coup franc indirect à l'endroit de la tête ; si c'est dans sa propre surface, coup franc indirect pour l'adversaire au point le plus proche sur la ligne de surface. Pas de sanction disciplinaire sauf répétition (alors avertissement) | U7-U11 : pas d'introduction du jeu de tête. U12-U13 : 1 séance par semaine maximum, « répétition limitée à un maximum de cinq têtes », ballons légers, sans opposition (la fiche FA 2021-22 donne des chiffres différents pour les U12 et U13 — utilisez la page en vigueur). U14-U16 : 1 séance/semaine, 10 têtes par joueur et par séance. U18 et seniors amateurs : 1 séance/semaine, 10 têtes | Têtes par séance + séances par semaine |
| Scottish FA (Écosse) | Aucune restriction réglementaire, aucun mécanisme de reprise. Le document régule l'entraînement uniquement ; la colonne « match » est un conseil (corners courts, coups francs courts) | Sept tranches. 6 et 7 ans / 8 ans / 9 à 11 ans : pas d'introduction. 12 ans : « ne devrait pas être introduit à ce stade » ; si inévitable, 1 séance par mois maximum, 5 têtes maximum par séance, toujours sans opposition, ballons légers. 13 ans : ≤1 séance/semaine, ≤5 têtes. 14 et 15 ans : ≤1 séance/semaine, ≤10 têtes. 16 et 17 ans : une séance par semaine seulement | Séances par MOIS (12 ans) puis séances par semaine + têtes par séance |
| US Soccer (États-Unis) | « Les joueurs des programmes U-11 et en dessous ne doivent pas jouer de la tête, ni à l'entraînement ni en match. » Tête volontaire en match → coup franc indirect pour l'équipe adverse à l'endroit de la faute | Jeu de tête limité à l'entraînement pour les U-12 et U-13 : « maximum 30 minutes d'entraînement de la tête par semaine, avec pas plus de 15 à 20 têtes par joueur et par semaine » | Minutes ET têtes par semaine |
| URBSFA / KBVB (Belgique) | Non recherché dans le corpus qui alimente cette page : aucune position belge n'a été cherchée ni trouvée. Ce n'est donc pas un constat d'absence | — | |
- La borne d'âge diffère réellement : U9 en France, U11 aux États-Unis, un retrait progressif U7 vers U11 en Angleterre, 11 ans puis 12 ans en Écosse. Ce n'est pas modélisable comme une règle unique.
- La Scottish FA est la seule à instruire sur la pression de gonflage : « Ne surgonflez pas les ballons : utilisez la pression la plus basse autorisée par les Lois du Jeu. » (13 ans et plus.) La Loi 2 de l'IFAB donne une plage de pression, pas une consigne de la minimiser.
- La lecture répandue « pas de tête avant 12 ans en Écosse » est fausse : c'est une échelle graduée en sept tranches qui court jusqu'à 17 ans, et elle ne concerne que l'entraînement. Le document écossais ne porte aucune date d'édition — seulement la mention qu'il s'applique « avec effet immédiat ».
- Le cadre FFF est le plus récent : le livret numérique « Jeu de tête » a été publié le 16 décembre 2025, relayé en district le 7 avril 2026. C'est aussi le seul à plafonner du temps plutôt que des répétitions.
- La Suisse n'a pas oublié de légiférer. Le directeur du développement du football de l'ASF, Patrick Bruggmann, qualifie publiquement une interdiction de « wenig sinnvoll » (peu pertinente), et le même reportage (1er février 2023) constate : « Richtlinien für den Breiten- oder Profifussball gibt es hierzulande keine, Verbote im Juniorenfussball auch nicht. » — il n'existe ici ni directives pour le football amateur ou professionnel, ni interdictions dans le football des juniors. La médecine du sport suisse décrit le même état des lieux : la tête est interdite aux enfants en Angleterre et aux États-Unis, « in Deutschland und der Schweiz aber nicht » (mais pas en Allemagne ni en Suisse) (SEMS-journal, 24 octobre 2022).
Et la question que les parents posent
L'étude FIELD (Mackay, New England Journal of Medicine 2019) est le chiffre le plus cité et le plus déformé du sujet. Cohorte rétrospective, 7 676 anciens professionnels écossais contre 23 028 témoins appariés, suivi médian de 18 ans : maladie neurodégénérative comme cause primaire de décès 1,7 % contre 0,5 %, sous-rapport de risque 3,45 (IC 95 % 2,11-5,62), p<0,001 ; Alzheimer HR 5,07 (2,92-8,82) ; Parkinson HR 2,15 (1,17-3,96). Mais aussi : mortalité toutes causes plus basse chez les joueurs jusqu'à 70 ans, cardiopathie ischémique HR 0,80 (0,66-0,97), cancer du poumon HR 0,53 (0,40-0,70).
Ce que l'étude a mesuré, c'est le fait d'avoir été footballeur professionnel — pas le jeu de tête. Le seul indice disponible sur la tête est la comparaison gardiens contre joueurs de champ, et elle est équivoque : mortalité neurodégénérative HR 0,73 (0,43-1,24), p=0,24 — aucune différence — mais prescription de médicaments contre la démence OR 0,41 (0,19-0,89) — moins. Les deux résultats pointent dans des directions différentes et doivent être imprimés ensemble. Les auteurs eux-mêmes écrivent que leurs observations « doivent être confirmées par des études prospectives de cohortes appariées ».
Règle de formulation : les données soutiennent la précaution sur les impacts répétés chez l'enfant et un protocole commotion strict à tous les niveaux. Elles ne soutiennent pas de dire à un parent que le jeu de tête cause la démence. Dites les deux phrases, ou aucune.
Commotion cérébrale
Ici encore les textes divergent, et la divergence est entre une fédération nationale et le consensus international — pas entre un expert et un autre.
| Instance | Ce que le texte prescrit |
|---|---|
| Consensus d'Amsterdam BJSM 2023;57:695-711 | Repos relatif — explicitement pas strict — incluant les activités de la vie quotidienne et un temps d'écran réduit, jusqu'aux 2 premiers jours ; activité physique légère possible dès 24 à 48 h. Retour au sport en 6 étapes, minimum 24 h par étape, les étapes 4 à 6 exigeant l'aval d'un professionnel de santé. Récupération typique : moyenne groupée 19,8 jours (IC 95 % 18,8-20,7). Outils CRT6, SCAT6 / Child SCAT6, SCOAT6 |
| FIFA protocole d'août 2024, campagne « Suspect and Protect » | « S'il existe ne serait-ce qu'un soupçon de commotion à quelque moment que ce soit, vous devez sortir le joueur du match ou de la séance. » Drapeaux rouges imposant la sortie : Glasgow <13, perte de connaissance, convulsion, céphalée sévère ou vomissements répétés, pupilles anormales ou nystagmus, signes rachidiens cervicaux. Pas de retour au football le jour même ; 72 heures d'observation par le médecin d'équipe. SCAT6 au-delà de 12 ans, Child SCAT6 de 8 à 12 ans |
| FFF Commission médicale (document non daté) | 5 étapes : reconnaissance des symptômes → évaluation (échelle de Glasgow, questions de Maddocks) → tests rapides (équilibre unipodal, marche en ligne) → 48 heures de repos complet (ni ordinateur, ni téléphone, ni jeux vidéo, ni alcool, ni conduite, ni sport) avec consultation médicale → protocole de reprise en 6 étapes, chacune ≥24 h sans symptôme. Moins de 20 ans : pas avant 3 semaines sans l'avis d'un neurologue expert. Adulte, première commotion : 7 jours minimum |
| UEFA charte commotion, 29 novembre 2021 | L'arbitre interrompt le jeu pour l'évaluation par le médecin d'équipe ; « l'évaluation ne devrait en principe pas excéder trois minutes » sauf blessure grave ; la décision appartient entièrement au médecin d'équipe, ni l'entraîneur ni l'arbitre ni le joueur ne peuvent l'influencer |
| IFAB 138e assemblée générale, 2 mars 2024 | Protocole de remplacements pour commotion rendu permanent : un « remplaçant pour commotion » maximum par équipe et par match ; quand il est utilisé, l'équipe adverse peut effectuer un remplacement supplémentaire pour n'importe quel motif |
| ASF / SFV | Aucun protocole suisse retrouvé au 1er août 2026. C'est un échec de récupération documentaire, pas un constat d'absence — contrairement au jeu de tête, où l'absence suisse est établie |
La divergence à imprimer : la FFF prescrit 48 h de repos complet quand Amsterdam prescrit un repos relatif, explicitement pas strict, jusqu'à 2 jours, avec activité légère encouragée dès 24-48 h. Et le plancher FFF de 3 semaines pour les moins de 20 ans n'a aucun équivalent international. Ce n'est pas une nuance de traduction : c'est un désaccord réel entre une fédération nationale et le consensus mondial, et un club français est tenu par le texte français.
Charge, croissance et musculation
Croissance et pic de croissance
- Le risque existe, mais la littérature se contredit. Monasterio (Int J Sports Med 2023, un centre de formation, 124 joueurs, tailles longitudinales 2000-2020) : autour du pic de croissance, un pic rapide contre moyen donne un fardeau de blessures 2,6× (1,4-4,8), contre lent 3,3× (1,3-6,7) ; fardeau des blessures liées à la croissance 2,9× (1,1-7,1) et 4,1× (1,4-15,2).
- Mais la revue systématique 2025 (Health Sci Rep, 12 études) note une certitude des preuves très faible, sans méta-analyse possible : le fardeau est maximal autour du pic dans 5 études, après le pic dans 2.
- Et une grande étude cas-témoins ne trouve aucun effet du tout : vitesse de croissance 4,8 cm/an chez les blessés comme chez les indemnes, p=0,96 (Jayanthi, AJSM 2015, n=1 190).
- Les estimations de maturité se trompent exactement là où elles servent. Malina (Am J Hum Biol 2021, 266 garçons de 8-17 ans et 147 filles de 8-16 ans) : l'écart de maturité prédit et l'âge prédit au pic augmentent avec l'âge chronologique au moment de la prédiction, montrent une variance réduite par rapport aux valeurs observées, et présentent des « limitations majeures chez les garçons et les filles à maturation précoce et tardive » — prédictions plus tardives que la réalité chez les précoces, plus précoces chez les tardifs.
- Le bio-banding (regrouper par maturité plutôt que par âge) « réduit, sans l'éliminer, la variation associée à la maturation », et « l'équation de prédiction de taille actuellement utilisée nécessite une évaluation supplémentaire » (Malina, Sports Medicine 2019).
Musculation des jeunes : le mythe, noir sur blanc
Position de consensus international 2014 sur l'entraînement en résistance des jeunes (Lloyd, Faigenbaum, Stone et al., BJSM 2014;48:498-505) :
- « Les craintes que l'entraînement en résistance lèse les cartilages de croissance des jeunes ne sont soutenues ni par les rapports scientifiques ni par les observations cliniques. »
- « Aucune donnée scientifique n'indique que l'entraînement en résistance ait un effet néfaste sur la croissance linéaire pendant l'enfance ou l'adolescence, ni qu'il réduise la taille finale. »
- Des enfants de 5 à 6 ans progressent déjà de façon notable ; le critère n'est pas l'âge mais la maturité d'exécution — être « assez mûr émotionnellement pour accepter et suivre des consignes » et disposer d'un équilibre et d'un contrôle postural corrects. Encadrement par des professionnels qualifiés.
- 2 à 3 séances par semaine, sur jours non consécutifs. Débutants : 1 à 2 séries, ≤60 % du 1RM. En progression : 2 à 4 séries de 6 à 12 répétitions, ≤80 % du 1RM. Avancés : ≤6 répétitions à >85 % du 1RM, uniquement avec une maîtrise technique démontrée. La prescription se fait sur l'âge d'entraînement et la compétence motrice, pas sur l'âge chronologique.
Un circuit publié, avec son âge : l'OFSPO (mobilesport.ch) publie un Konditions-Circuittraining Fussball : Kraft donné pour 16 à 20 ans, « avancés et confirmés » — 12 postes, 45 s de travail / 45 s de transition, 2 à 3 tours. Les postes : demi-squat (barre à vide, dos droit) · abdominaux obliques (la tête ne touche jamais le sol) · ischio-jambiers · pompes · corde à sauter · quadriceps (une jambe, 90° maximum) · adducteurs · abdominaux droits (assis, dynamique) · sauts sur banc · dos (bras et jambe alternés) · mollets · skipping.
Volume et spécialisation précoce
- Jayanthi 2015 (AJSM), cas-témoins clinique, 1 190 athlètes de 7 à 18 ans (822 blessés / 368 indemnes) : spécialisation sportive → toute blessure OR 1,27 (1,07-1,52), p<0,01 ; blessure de surcharge sérieuse OR 1,36 (1,08-1,72) ; plus d'heures de sport organisé par semaine que d'années d'âge → OR 2,07 (1,40-3,05), p<0,001 ; rapport sport organisé / jeu libre supérieur à 2:1 → OR 1,87 (1,26-2,76).
- « Le nombre d'heures hebdomadaires ne doit pas dépasser l'âge en années » est la seule règle chiffrée de cette section adossée à un rapport de cotes publié — mais elle vient d'un plan cas-témoins de niveau de preuve 3, dans une population clinique multisports, pas dans une cohorte de football. Étiquetez-la comme telle.
- Aucun plafond fédéral de volume hebdomadaire par catégorie d'âge n'a été retrouvé — ni FFF, ni ASF/SFV, ni URBSFA. C'est une question ouverte, pas un constat d'absence.
Jeux réduits ou course : l'évidence ne tranche pas
Zhang 2026 (BMC Sports Sci Med Rehabil), 17 ECR, 402 jeunes sportifs masculins de 10 à 19 ans : aucune différence entre groupes pour la VO₂max (SMD 0,05, −0,28 à 0,39), la vitesse au VIFT (0,24, −0,08 à 0,56), le CMJ (0,02, −0,24 à 0,28), le sprint ≤10 m (−0,11, −0,38 à 0,16) ou ≥20 m (−0,14, −0,39 à 0,11), ni pour les changements de direction (0,00, −0,45 à 0,45). Le HIIT n'est supérieur que sur le Yo-Yo IR1 : SMD 0,42 (0,09-0,74). Chez les joueuses, Trotta 2025 (Br Med Bull) trouve les jeux réduits supérieurs sur le changement de direction, sans différence ailleurs, en précisant que « des données limitées et hétérogènes empêchent des conclusions définitives ». Conclusion utilisable : pour les qualités qui comptent chez des jeunes, jeux réduits et intermittent couru sont largement interchangeables — et comme les jeux réduits délivrent en plus du contenu technique et tactique dans les mêmes minutes, la science du sport n'oblige aucun club à faire des tours de terrain.
Ce qu'un club amateur peut vraiment faire
Hypothèse de travail : un entraîneur bénévole, environ 18 enfants, deux séances de 90 minutes par semaine, aucun staff médical, aucun GPS, aucune salle de musculation.
- Le 11+ Kids comme échauffement, deux fois par semaine, toutes les semaines, pour les 7-13 ans. 7 exercices, 5 niveaux, 15-20 min, aucun matériel — et le seul programme du football des enfants adossé à un essai randomisé multinational (HR 0,52 toutes blessures, 0,26 pour les sévères).
- Le FIFA 11+ comme échauffement à partir de ~14 ans, deux fois par semaine, parties 1 et 3 seulement avant les matches. Âge énoncé par la FIFA, fréquence énoncée par F-MARC.
- Une règle commotion écrite : pas de retour le jour même, 48 à 72 h d'observation, pas de reprise sans médecin. La FIFA en fait une règle dure à tous les niveaux et cela ne coûte rien à adopter ; en France, le plancher des moins de 20 ans est de 3 semaines.
- La règle de jeu de tête de votre fédération, telle qu'elle est écrite. Ce sont des règles, pas des options — sauf en Suisse, où il n'y en a aucune, délibérément.
- Des jeux réduits plutôt que des tours de terrain. Même effet sur la VO₂max, le sprint, le saut et les changements de direction, plus le contenu technique en prime.
- Chez les post-pubères : Nordic hamstring et exercice de Copenhague, en sachant que les essais ont été conduits chez des hommes adultes et qu'aucun essai pédiatrique n'existe pour ces deux exercices.
Et ce qu'il ne faut pas importer du monde professionnel :
- Tout score de risque dérivé d'un ratio de charge — non validé, à aucun niveau.
- Des objectifs de course haute intensité issus du GPS — la variabilité d'un match à l'autre est de 37,6 à 69,0 % chez des professionnelles ; un match isolé ne mesure rien.
- Le test de force excentrique des ischio-jambiers comme dépistage — il ne distingue pas les futurs blessés (1 100 athlètes).
- Les tableaux de bord de maturité et le bio-banding par taille adulte prédite — les prédictions échouent précisément chez les précoces et les tardifs.
- Comparer le taux de blessures du club aux taux élites pour 1 000 h. Définitions, encadrement médical et déclaration ne sont pas comparables : élite masculine 8,0/1 000 h, élite féminine 6,7/1 000 h, jeunes masculins de haut niveau 5,8/1 000 h (3,7 chez les U9-U16) — mais amateurs adultes néerlandais 9,6/1 000 h (8,7-10,5). Le taux amateur mesuré est plus élevé que le taux élite, et ce n'est pas une erreur d'arrondi : c'est précisément pourquoi la comparaison n'a pas de sens.
Sources
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Muscles : Petersen et al., Am J Sports Med 2011;39:2296-2303 · van der Horst et al., Am J Sports Med 2015;43:1316-1323 · van Dyk et al., BJSM 2019;53:1362-1370 · Opar et al., Sports Medicine 2021;51:1935-1945 · Bahr, Thorborg, Ekstrand, BJSM 2015;49:1466-1471 · Harøy et al., BJSM 2019;53:150-157 · Harøy et al., Am J Sports Med 2017;45:3052-3059 · Harøy et al., Scand J Med Sci Sports 2019;29:1092-1100 · Stensø et al., BMJ Open 2022;12:e060611.
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Corpus vérifié le 1er août 2026, page datée du 2 août 2026. Les règles fédérales évoluent — revérifiez la vôtre à chaque saison.
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