Préparation physique et sécurité au squash

ENTRAÎNEMENT SQUASH Temps estimé : 9 min Mis à jour le 29 octobre 2026
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La sécurité du squash a deux sujets documentés : la blessure à l’œil, rare mais la plus grave (dans les séries de cas publiées, aucune blessure n’a été rapportée derrière des lunettes certifiées), et la question cardiaque chez les joueurs d’âge mûr. Côté préparation, le conditionnement du squash est le sien : ghosting en intervalles, navettes de court et technique de fente. Un fait à garder en tête : aucun essai contrôlé n’a testé un programme de prévention chez des joueurs de squash avec un résultat sur les blessures. Ce guide ne vous en inventera pas un.

L’œil : une blessure rare, mais la plus grave

Les chiffres viennent d’un questionnaire rempli par 163 joueurs de compétition en Australie (Genovese et al., 1990) : 17,5 blessures à l’œil pour 100 000 heures de jeu, 26 % des joueurs touchés au moins une fois, la raquette en cause dans 61 % des cas, et seulement 8 % de l’ensemble des joueurs interrogés portaient des lunettes de protection adaptées. D’autres études trouvent la balle plus souvent que la raquette : les sources ne s’accordent pas sur ce point.

La revue systématique de 2024 réunit 29 publications sur quatre sports de raquette : 25 séries de cas et 4 études de cas, toutes recueillies en milieu médical. Elle rapporte que, en médiane, 93 % des blessures à l’œil sont survenues sans lunettes, que les montures sans verres sont inefficaces, et qu’aucune blessure n’a été rapportée chez un joueur portant des lunettes conformes aux normes récentes. Ses auteurs en donnent la limite : sans chiffres de population, un lien de cause à effet est « très difficile à démontrer », et aucune étude contrôlée n’a mesuré l’effet des lunettes sur les blessures. La consigne des fédérations reste simple : lunettes certifiées pour les jeunes et en double (le détail par fédération est dans Catégories, balles et lunettes).

La question cardiaque : ce que disent les études

Deux séries de cas britanniques décrivent des morts subites liées au squash : 30 décès dans la première (29 hommes, âge moyen 46,7 ans, une maladie coronarienne chez 23 des 27 joueurs autopsiés) et 60 dans la seconde (59 hommes, âge moyen 46 ans, une cause coronarienne certifiée pour 51 d’entre eux). Dans cette seconde série, 45 joueurs sur 60 avaient eu des signes d’alerte, le plus souvent une douleur dans la poitrine. Ces séries disent qui est décédé, pas à quelle fréquence : aucune source ne donne un nombre de décès par joueur ou par heure de jeu, et aucune série plus récente que 1986 n’a été trouvée.

L’effort, lui, a été mesuré : chez 21 hommes en forme de 23 à 43 ans, la fréquence cardiaque est restée à 80 % du maximum prédit pendant toute la partie (Northcote et al., 1983) ; chez dix hommes plus âgés, une partie de compétition a provoqué des réponses comparables à celles d’un test d’effort mené jusqu’à l’épuisement (Brady et al., 1989). Le conseil qui en découle est un avis d’experts, pas le résultat d’un essai : une revue médicale de 1997 recommande un bilan médical aux joueurs de plus de 40 ans, avec une épreuve d’effort quand il existe des facteurs de risque. Aucune étude n’a montré qu’un dépistage réduit les décès au squash.

Le conditionnement propre au squash

MéthodeCe qu’on faitLe repère technique
Ghosting en intervallesBlocs travail/repos de déplacement vers les coins, sans balleLa forme d’abord : on arrête l’intervalle quand la technique s’effondre
Navettes de courtAllers-retours rapides entre les lignes, fente ou touche à chaque boutFreiner sous contrôle avant chaque changement de direction
Technique de fenteFentes lentes et tenues vers chaque position de jeu, retour poussé vers le TGenou avant dans l’axe du pied, jamais effondré vers l’intérieur

Ce sont des repères de technique, pas de la prévention démontrée : aucune étude n’a mesuré leur effet sur les blessures au squash. Là où les blessures ont été comptées, le membre inférieur arrive en tête : 76,48 % des blessures relevées chez 67 joueurs soutenus par England Squash et suivis de 2004 à 2015, la cheville et le talon d’abord (Horsley et al., 2020). La revue de 2026, qui rassemble douze études, conclut qu’un taux de blessure fiable ne peut pas encore être établi pour le squash (McCartney et al., 2026).

Ce qui n’existe pas, et qu’on ne vous vendra pas

Le squash n’a pas d’équivalent du FIFA 11+ : aucun essai contrôlé n’a testé un programme d’exercices (échauffement, renforcement, équilibre) chez des joueurs de squash avec un résultat sur les blessures, et les deux revues les plus récentes (2024 et 2026) n’en recensent aucun. Pour le retour au jeu, une exception connue : Squash Canada publie depuis 2019 une politique sur la commotion propre au squash, avec les étapes du retour au sport ; les règles de World Squash, elles, ne mentionnent pas la commotion (Mangan et Heron, 2025). Quand un contenu de prévention circule, il relève de la pratique générale, pas d’un protocole squash validé.

Questions fréquentes

Des lunettes de vue suffisent-elles ?
Non. Dans les séries de cas passées en revue en 2024, les lunettes de vue, les lentilles de contact et les montures sans verres n’ont pas protégé, et ont parfois aggravé la blessure. Il faut des lunettes de protection certifiées : la norme que World Squash nomme aujourd’hui est l’ISO 18527-2:2021 (BS EN 18527-2:2021 au Royaume-Uni, ASTM F3164-19 aux États-Unis).
Un joueur de plus de 40 ans qui reprend doit-il consulter ?
C’est ce que recommande une revue médicale de 1997 (Locke et al.) : un bilan médical après 40 ans, avec une épreuve d’effort s’il existe des facteurs de risque ; rien de particulier avant 40 ans quand on est en bonne santé. C’est un avis d’experts fondé sur des séries de cas : aucune étude n’a mesuré l’effet d’un dépistage au squash. À retenir de ces séries : 45 des 60 joueurs décédés avaient eu des signes d’alerte avant, le plus souvent une douleur dans la poitrine.
Combien de séances de physique par semaine ?
Aucun seuil chiffré publié par une fédération n’a été trouvé : un volume présenté comme une « règle » serait inventé. Le repère utile : le conditionnement du squash s’intègre à la séance (ghosting, navettes, fentes en préparation), la qualité de mouvement prime sur le volume, et l’intervalle s’arrête quand la forme s’effondre.

Sources

Œil : Genovese MT et al., Medical Journal of Australia, 1990 (questionnaire, 163 réponses : 17,5 blessures pour 100 000 heures ; 26 % ; raquette 61 % ; 8 % de l’échantillon portaient des lunettes de protection adaptées) ; Mazarelo JFD, Winter SL & Fong DTP, The Physician and Sportsmedicine, 2024 (revue systématique : 25 séries de cas et 4 études de cas) ; World Squash, page des spécifications des lunettes de protection, lue le 13 octobre 2026. · Cœur : Northcote RJ et al., The Lancet, 1984 (30 décès) et British Heart Journal, 1986 (60 décès) ; Northcote RJ et al., British Heart Journal, 1983 (fréquence cardiaque en jeu) ; Brady HR et al., European Heart Journal, 1989 ; Locke S et al., Sports Medicine, 1997. · Blessures : Horsley IG et al., Physical Therapy in Sport, 2020 ; McCartney RV, Fallon T & Heron N, Sports, 2026 (revue systématique, 12 études) ; Honeyfield A, mémoire de master, Auckland University of Technology, 2024. · Commotion : Mangan N & Heron N, Sports, 2025. Contenu vérifié en octobre 2026.

Dernière mise à jour : 29 octobre 2026
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