Préparation physique & sécurité

ENTRAÎNEMENT SQUASH Temps estimé : 9 min Mis à jour le 7 septembre 2026
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La sécurité du squash a deux visages documentés : la blessure à l’œil — la blessure signature, chiffrée, contre laquelle seules les lunettes certifiées protègent — et la question cardiaque chez les joueurs d’âge mûr qui reprennent. Côté préparation, le conditionnement du squash est le sien : ghosting en intervalles, navettes de court, et une mécanique de fente qui protège le genou. Et une honnêteté à garder : le squash n’a pas de programme de prévention validé publié — ce guide ne vous en inventera pas un.

L’œil : la blessure signature, et ce qui protège

Les chiffres de référence : 17,5 blessures oculaires pour 100 000 heures de jeu, 26 % des joueurs ayant subi au moins une blessure à l’œil, et la raquette de l’adversaire en cause dans 61 % des cas — la balle dans le reste (série australienne de référence, 1990). La revue systématique de 2024 ajoute le fait décisif : la quasi-totalité des blessures recensées (93 % en médiane) sont survenues sans lunettes, les montures sans verres sont inefficaces, et les lunettes certifiées (normes de type ASTM) sont associées à zéro blessure dans les données examinées. La conséquence pratique est simple et tient dans les exercices de cette base : lunettes certifiées pour tous les juniors, tout le temps — et pour tout le monde en double.

La question cardiaque — dépister, pas éviter

La littérature classique du squash décrit des morts subites chez des joueurs d’âge mûr : deux séries historiques (30 puis 60 décès, âge moyen ≈ 46 ans) où la grande majorité présentait une maladie coronarienne sous-jacente — le jeu comme déclencheur, la maladie comme substrat. La demande du squash est réellement très élevée (fréquence cardiaque mesurée à ~150 % du maximum prédit en jeu). La réponse fondée n’est pas d’éviter le sport, mais de dépister : avis médical avant une reprise intensive après des années d’arrêt, montée en charge graduée — le certificat médical de compétition (obligatoire en France) est l’ancrage naturel de cette précaution. Les chiffres datent des années 1980–90 ; leur ordre de grandeur actuel n’est pas documenté — le principe de précaution, lui, demeure.

Le conditionnement propre au squash

MéthodeCe qu’on faitLe point de sécurité
Ghosting en intervallesBlocs travail/repos de déplacement vers les coins, sans balleLa forme d’abord : on arrête l’intervalle quand la technique s’effondre — la fente fatiguée et relâchée est le chemin de la blessure
Navettes de courtAllers-retours rapides entre les lignes, fente ou touche à chaque boutDécélérer contrôlé — c’est dans le freinage que les chevilles tournent
Mécanique de fenteFentes lentes et tenues vers chaque position de jeu, retour poussé vers le TGenou avant dans l’axe du pied, jamais effondré vers l’intérieur — la mécanique qui protège le genou

Chevilles, genoux, bas du dos, chaleur d’un court fermé : ces risques sont reconnus par les entraîneurs mais peu chiffrés dans la littérature — aucun dénominateur propre n’a été localisé. Le travail de qualité de mouvement ci-dessus est la réponse de bon sens, présentée comme telle.

Ce qui n’existe pas — et qu’on ne vous vendra pas

Le squash n’a pas d’équivalent du FIFA 11+ : aucun programme de prévention spécifique au squash avec une efficacité publiée (essai ou cohorte) n’a été localisé au-delà de la preuve des lunettes, et aucun protocole de retour au jeu standardisé n’est publié par une fédération. Quand un contenu de prévention circule, il relève de la bonne pratique générale — pas d’un protocole squash validé. Cette base le dit plutôt que de l’habiller.

Questions fréquentes

Des lunettes de vue suffisent-elles ?
Non. La protection vient de la certification (normes de type ASTM pour le squash) : des lunettes de vue ordinaires ou une monture sans verres ne protègent pas — la revue de 2024 classe explicitement les montures ouvertes comme inefficaces. Des lunettes certifiées existent avec correction.
Un quadragénaire qui reprend doit-il consulter ?
C’est la recommandation qui découle directement de la littérature du sport : la demande cardiovasculaire du squash est très élevée et les séries historiques concernent précisément le joueur d’âge mûr avec une coronaropathie silencieuse. Avis médical avant la reprise intensive, montée en charge graduée — en France, le certificat médical de compétition matérialise déjà ce passage.
Combien de séances de physique par semaine ?
Aucune fédération ne publie de seuil chiffré — un volume affiché comme « règle » serait inventé. Le repère honnête : le conditionnement du squash s’intègre à la séance (ghosting, navettes, fentes en préparation), la qualité de mouvement prime sur le volume, et l’intervalle s’arrête quand la forme s’effondre.

Sources

Œil : Genovese et al., Medical Journal of Australia 1990 (17,5 / 100 000 h ; 26 % ; raquette 61 % ; 8 % portaient des lunettes) ; Mazarelo, Winter & Fong, The Physician and Sportsmedicine 2024 — revue systématique, 29 études (médiane 93 % des blessures sans lunettes ; montures sans verres inefficaces ; lunettes certifiées ASTM associées à zéro blessure). · Cardiaque : Northcote et al., The Lancet 1984 (30 décès, âge moyen 46,7 ans) et British Heart Journal 1986 (60 décès, coronaropathie majoritaire) ; Brady et al., European Heart Journal 1989 (FC ~150 % du maximum prédit). · Corpus squash de Paak, fichier 05 (science du sport et prévention — y compris les nuls honnêtes : pas de programme validé, pas de protocole de retour au jeu publié) — vérifié en septembre 2026.

Dernière mise à jour : 7 septembre 2026