Les cinq temps de la FFE
Les cinq temps de la leçon individuelle
L’architecture publiée par la FFE. Le corps de la leçon occupe environ 75 % du temps total — c’est la seule quantité que la fédération chiffre.
- Salut — Le salut d’ouverture.
- Prise de contact — Introduction de la leçon et du thème avec le premier échange ; on installe la concentration et la confiance entre le maître d’armes et l’élève.
- Corps de la leçon — environ 75 % du temps — Exercices progressifs du simple au complexe, en faisant varier la distance et la vitesse.
- Retour au calme et bilan verbal — Retour au calme moteur, puis une synthèse verbale : ce qui est maîtrisé, ce qu’il faut renforcer.
- Salut de clôture — Salut de clôture et poignée de main.
Les 20 à 25 minutes souvent citées sont l’usage des clubs, pas une norme : aucune fédération examinée ne publie de durée absolue pour la leçon individuelle. C’est un constat, pas une lacune de notre part.
Le Recueil pédagogique Animateur-Éducateur de la FFE (septembre 2024) est la seule architecture de leçon publiée par une fédération. Elle tient en cinq temps :
- Le salut.
- La prise de contact — « introduction de la leçon et du thème abordé avec le premier échange » ; on y installe la concentration et la confiance entre le maître et l'élève.
- Le corps de la leçon — environ 75 % du temps total, en exercices progressifs du simple au complexe, en faisant varier la distance et la vitesse.
- Le retour au calme et le bilan verbal — une récupération motrice et une synthèse parlée de ce qui est maîtrisé et de ce qu'il faut renforcer.
- Le salut de clôture.
Une leçon complète, de bout en bout
Le meilleur modèle détaillé publié est une leçon d'épée sur la seconde intention offensive. Elle se déroule ainsi :
- Salut, puis échauffement : coups droits au torse, quelques fentes, quelques parades-ripostes, des déplacements pour tenir la mesure. L'intensité monte progressivement — « et cela se fait même si le tireur est déjà chaud ».
- Une phrase d'armes fondatrice, construite pour que l'élève ait besoin du thème : l'élève attaque, le maître se fait toucher, puis le maître se met à parer-riposter. « Bien : maintenant, tu dois apprendre à traiter mes ripostes. »
- Enseigner et faire répéter le thème : le maître ouvre le dessus du poignet, l'élève attaque, le maître riposte en sixte, l'élève prend une parade d'opposition de sixte et contre-riposte au torse.
- Rendre la situation proche de l'assaut : « le maître doit exiger un changement de rythme reconnaissable, où l'attaque est lente et facile à parer, mais la riposte rapide ».
- Varier : riposte au biceps, au torse, à la cuisse, au pied ; remplacer l'opposition de sixte par une parade en cédant de prime. Corriger et surprendre : injecter une ou deux actions imprévues (le maître attaque au moment où l'élève a l'habitude d'initier). L'encouragement verbal doit être engagé, pas neutre.
- Retour au calme : tenue de mesure lente avec des fentes lentes et de longueur moyenne, en expirant sur chaque fente. Il peut être raccourci si le tireur continue à tirer, mais « il ne devrait pas être supprimé ». Puis salut, poignée de main et bilan bref.
Les huit types de leçon
- Leçon d'enseignement (introduire, expliquer, démontrer) · leçon de perfectionnement · leçon tactique · leçon de contrôle · leçon d'échauffement · leçon d'assaut (le maître simule des styles d'adversaires variés) · leçon de capacité (construire la résistance à la fatigue physique et mentale sur des durées de compétition) · leçon de gaucher.
La distinction utile, elle, est bien de Czajkowski : les actions prévues (première ou seconde intention), imprévues (réflexes) et partiellement prévues — les attaques « les yeux ouverts », au début connu et à la fin inconnue. En pratique : un exercice fermé fixe le signal et la réponse ; un exercice « yeux ouverts » fixe le début et laisse choisir la fin en direct.
Vrais signaux et faux signaux
Le cueing — l'art de donner le signal — est le cœur du métier en leçon. Trois canaux :
- La lame : « le signal doit reproduire le mouvement que l'élève verra en assaut ».
- La voix : « je n'hésite pas à parler à mes élèves pendant qu'on travaille — non pas en s'arrêtant pour parler, mais en parlant tout en bougeant ».
- Les déplacements : la taille et la vitesse du pas communiquent le timing.
Quatre niveaux de contrôle, du plus conventionnel au plus libre : le maître contrôle tous les paramètres → l'élève choisit à l'intérieur des déplacements du maître → l'élève contrôle les déplacements et le maître donne le signal → l'élève initie tout.
Vrai signal contre faux signal : un vrai signal est donné au bon moment et conçu pour que l'élève réussisse. Un faux signal ressemble au vrai mais arrive au mauvais moment, au mauvais tempo, à la mauvaise distance ou dans la mauvaise direction — il est fait pour tenter l'élève d'agir et d'échouer. Exemple : montrer le dessus du poignet est un vrai signal pour une attaque simple directe ; le montrer en rompant est un faux signal, et l'élève à qui l'on a demandé de ne faire que des attaques simples doit ignorer l'ouverture.
Deux citations valent d'être gardées en tête : « je ne donne pas de signaux, je fais des actions d'escrime » (Michael Marx) et « ne pas utiliser de vrais mouvements dans l'enseignement est stupide — mais à l'épée, c'est criminel » (Czajkowski). Enfin, remplacez les déplacements aléatoires par des motifs nommés lancés par l'élève (marche ; marche-retraite ; marche-marche-retraite), sans jamais dépasser deux à trois pas : au-delà, la chaîne cesse d'être utile.
Combien de temps ?
- 20 à 25 minutes est la norme de fait pour une leçon individuelle, et l'argument avancé est cohérent : endurance et concentration, apprentissage réparti, et parité avec la durée d'un assaut (9 minutes de tir en trois reprises de 3 minutes).
- 40 minutes pour une « double leçon » de tireurs confirmés ; 20 à 40 minutes pour une leçon technique, plus courte pour les débutants et les jeunes ; 20 à 30 minutes pour une leçon tactique ; 5 à 10 minutes pour une leçon d'échauffement avant compétition.
- Le constat lui-même mérite d'être publié : aucune fédération n'édicte de durée absolue. La FFE ne donne qu'une proportion — le corps de leçon à environ 75 %. Les chiffres ci-dessus proviennent de clubs et d'écoles, pas de règlements.
- Sur le nombre de leçons hebdomadaires, aucune recommandation fédérale n'existe. Notez au passage qu'un système d'entraînement réputé (celui de Tauberbischofsheim) suppose des leçons courtes quotidiennes ou pluriquotidiennes — une contrainte d'organisation réelle pour un club qui ouvre deux ou trois soirs par semaine.
Le cadre : sécurité et protection
- Effectifs : « en règle générale, pas plus de douze enfants par encadrant ne devraient tirer en même temps », et moins pour de jeunes enfants ; au-delà, le groupe est scindé en relais — les déplacements et les jeux sans arme peuvent, eux, se faire à plus (British Fencing).
- Le tête-à-tête doit être observable et interruptible : aux États-Unis, la politique MAAPP impose que tout contact individuel soit visible et interruptible, exige un consentement parental écrit renouvelé au moins chaque année pour les séances individuelles, et garantit aux parents le droit d'observer.
- Le Canada recommande fortement la « règle de deux » : la leçon se déroule toujours à portée de vue et d'oreille d'une autre personne en position d'autorité, et les communications sont limitées à la plage 6 h - minuit.
- France : pas de ratio chiffré, mais le contrôle de l'honorabilité des encadrants et un module fédéral de prévention des violences détenu par un membre du bureau conditionnent la labellisation du club.
Qui peut donner une leçon
- Filière fédérale FFE : Animateur (100 h) → Éducateur fédéral 1 (100 h, leçons collectives dans une arme) → Éducateur fédéral 2, qui est le point d'entrée aux leçons individuelles simples. Des filières Animateur / Éducateur parallèles existent pour le sabre laser et l'escrime artistique.
- Filière d'État : le BPJEPS (jusqu'au premier niveau de compétition régional, deux armes) ; le DEJEPS, dont les titulaires portent le titre de Maître d'Armes — 720 h en centre de formation et 480 h en structure ; puis le DESJEPS.
- Académie d'Armes : la correspondance publiée place le Prévôt au niveau du BPJEPS, le Maître d'Armes au niveau du DEJEPS et le Maître d'Armes Expert au niveau du DESJEPS. Ailleurs : British Fencing fait de la délivrance de la leçon individuelle l'objet central de son niveau 2 (environ 35 h) ; l'USFCA structure Assistant Moniteur → Moniteur → Prévôt → Maître, ce dernier exigeant un mémoire écrit et un passage devant trois maîtres.
Sources
FFE, Recueil pédagogique Animateur-Éducateur, septembre 2024 (architecture en cinq temps, proportion de 75 %) · FFE, pages « Se former » (Animateur, Éducateur 1 et 2, BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS) · Paul Sise, 42 Views of Épée (2007) pour la leçon modèle, les vrais et faux signaux (d'après Gary Copeland) et les types de leçon · Peter Ellinger, Types of Lesson, citant Ziemowit Wojciechowski · Zbigniew Czajkowski, Fencing Actions (PDF hébergé par l'USFCA) pour les actions prévues / imprévues / partiellement prévues · Allen L. Evans, A Coaches Compendium pour le cueing et les motifs de déplacements · British Fencing, Standards and Guidelines for Safety in Fencing · USA Fencing MAAPP · Canadian Fencing Federation, Safe Sport Policy Manual. Contenu vérifié en juillet 2026.
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